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les CAMINAÏRES

Randonnées du 1er trimestre
En ce début d’année, pour tenir compte de la faible longueur des jours, les marches ne dépasseront pas 10 ou 11 Km.

  Dimanche 20 février  - VALLEE DE LA NAUZE – VERSAILLES
Départ de Camboulazet – le moulin de la Nauze – Versailles – Pruns.
 10 Km - 3h00

  Dimanche 20 mars - LES GORGES DU VIAUR
Départ de Lespinassole - le Bouyssou – le moulin de Tourène
 11 Km - 3h15

  Dimanche 17 avril, nous effectuerons une randonnée d’une journée sur le Tarn, sur LE CHEMIN DE LINCOU. Repas tiré du sac. Départ de Réquista. Descente sur Lincou. Vue panoramique sur la vallée. Visite du village qui ressemble à un paysage de crèche. Retour par la Devèze et la Vaysse.
 13 Km - 4h00



 La marche...            
           ...et l'esprit
   L’un des sujets d’étonnement, et non des moindres, pour nos aïeux, s’ils revenaient sur terre, serait de nous voir emprunter un véhicu le pour franchir cent mètres, eux qui n’hésitaient pas à aligner les kilomètres pour se rendre à la foire , chez le notaire ou le médecin. On peut objecter qu’ils y étaient poussés par la nécessité, il n’en reste pas moins que notre comportement aurait provoqué chez eux une moue de commisération.

   Or, depuis les débuts du règne animal, Dame Nature a pris l’habitude d’adapter nos organes à leurs fonctions nouvelles et de supprimer ceux qui ne servent plus. De même que le pithécanthrope, notre ancêtre, en descendant de son arbre, a vu ses mains inférieures devenir progressivement des pieds afin de pouvoir fouler le sol, il est plus que probable que nos lointains descendants, à force de réduire l’emploi de leurs jambes au seul rôle de poser leur séant sur le siège d’une voiture, verront celles-ci disparaître et ce sera l’aube de la civilisation des culs-de-jatte.

   Le scénario n’est toutefois pas irréversible, car certains, encore en trop petit nombre, se sont aperçus de la nocivité de nos habitudes actuelles et des bienfaits incalculables du plus vieux sport pratiqué par l’humanité : la marche à pied. Lorsque je parle de marche, il ne s’agit pas de la promenade qui, certes, permet de s’aérer tout en devisant agréablement, mais d’un effort soutenu, à une cadence variant selon les personnes entre quatre et huit kilomètres à l’heure. La marche renforce en premier lieu les muscles du cœur et permet, par l’accélération de ses battements, de produire un effet de chasse d’eau dans les artères coronaires et d’éviter ainsi les dépôts sur leurs parois. Les poumons, obligés de fournir plus d’air, participent à l’accroissement de l’oxygénation du sang et par lui, des cellules du corps entier. Les toxines, poisons de l’organisme, sont éliminées par la transpiration. En finale, le corps rendu plus ferme est mieux disposé à résister à toutes les agressions microbiennes ou virales et, d’après la médecine, la marche peut même prévenir l’apparition du diabète.

   Et tout cela pour l’achat d’une bonne paire de chaussures !

   Mais le corps n’est pas tout. La marche agit avec autant de force sur ce que nous avons de plus précieux en nous : l’esprit.

   J’ai tenté de démontrer, dans le précédent article sur la marche, les liens de cause à
effet entre celle-ci et la santé. Mais la santé, que beaucoup considèrent comme le bien suprême et qu’ils négligent joyeusement, se contentant de la confier à la médecine et à la chimie, n’est pas un but en soi. C’est un moyen. Le corps doit être conservé en bon état pour éviter les interférences de la douleur sur le travail de l’esprit, en un mot, pour qu’il nous « fiche la paix ». En effet, toute l’attention d’une personne souffrante se concentrera sur sa maladie au détriment des activités du cerveau. Il faut des héros comme Blaise Pascal ou Thérèse de Lisieux pour sublimer les misères corporelles et atteindre les sommets de la pensée. Nous autres, pauvres mortels, nous laissons obnubiler par les maux de la vie courante et délaissons facilement l’essentiel pour l’accessoire.

   La marche, comme je l’ai dit, agit sur l’oxygénation des cellules et notamment des neurones, ces terminaisons nerveuses du cerveau qui commandent non seulement la totalité des mouvements du corps mais également et surtout les activités mentales. L’apport en oxygène atténue le vieillissement et la diminution des neurones et retarde l’apparition du redoutable syndrome d’Alzheimer. Le cerveau ainsi alimenté conserve son acuité et son activité créatrice. La marche ne nous aide pas forcément à vivre plus âgés, mais à vieillir dans de bonnes conditions en conservant notre potentiel physique et spirituel, et ceci avec d’autant plus d’efficacité que nous commençons plus tôt.

   Dans ce monde où la vie devient de plus en plus artificielle, où s’impose le règne du virtuel avec notamment la télévision et les jeux électroniques, nous nous éloignons petit à petit de la nature et de la réalité. Nous demandons toujours plus de garanties et d’assurances, nous voulons être protégés contre tout et contre tous. La marche, elle, suppose un mode de pensée inverse. Le marcheur n’est pas protégé par un toit ou une coque d’acier. Il est en contact direct avec la nature, avec les intempéries ; il retrouve les conditions de la lutte millénaire de l’homme avec les éléments. Sa méditation n’est pas troublée par les images parasites des médias. Il oublie le stress de la vie quotidienne, il est en paix avec lui-même. Il peut ainsi se livrer sans contrainte aux plaisirs de la découverte et de la contemplation.

   Il est heu-reux !



 

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