| Quins présente plusieurs
sites anciens intéressants :
La Chapelle Saint-Clair de Verdun :
Construite
dans la vallée du Vayre, elle fut abandonnée au début
des années cinquante. A la suite de la découverte de peintures
murales datées du XV° siècle, une association s’est
créée en vue de sa restauration. La chapelle de Verdun
est une des rares églises préromanes du Rouergue érigée
avant l’an 1000. Ce rocher isolé semble occupé par
l’homme depuis bien longtemps puisque le nom de Verdun est d’origine
celtique : dans la langue de nos ancêtres, il désigne une
hauteur fortifiée. On imagine très bien des guerriers
gaulois, il y a plus de 2000ans, construisant une enceinte sur ce promontoire
rocheux pour assurer leur sécurité.
Au Moyen Age, Verdun est le siège d’une
seigneurie et un château s’élève sur le rocher.
Il appartient à Bringuier, seigneur de Villelongue. De la fin
du XIII° au milieu du XV° siècle, le sort du château
est lié à celui de Castelmary, situé dans la vallée
du Lézert. C’est vraisemblablement en ce début du
XV° siècle que les peintures murales sont réalisées
et que la tour est construite.
En
1452, alors que la guerre de Cent Ans se termine, la seigneurie revient
aux Saunhac de Belcastel qui résident dans la vallée de
l’Aveyron. Ils laissent le château tomber en ruines car il
a perdu toute importance stratégique. Mais la chapelle est entretenue
car Verdun est un lieu de pèlerinage. Elle est dédiée
à Saint-Clair évêque qui évangélisa
le sud-ouest de la Gaule romaine et fut martyrisé à Lectoure
au III° siècle. Il aurait traversé le Rouergue après
avoir séjourné à Albi. Jusque vers 1950, les reliques
de Saint-Clair attirent tous les ans, début juin, de nombreux pèlerins
qui veulent être préservés ou guéris des maladies
des yeux. Raymond Gibelin.
La chapelle Saint
Vincent de Lugan :
Edifice de type
roman du XI° siècle restauré en 1643. Un arc triomphal
supporte le clocher, entre le choeur voûté en cul de four
et la nef couverte de charpente. Le retable et le tabernacle datent
du milieu du XVII° siècle.
L’auberge
de La Mothe :
On pense que le nom
de “la Mota” vient d’une “motta féodale”,
élévation de terre fortifiée pendant les premiers
temps féodaux. Mais, c’est surtout à son rôle
d’étape sur un “grand chemin” que ce lieu doit
son histoire.
Il y a vingt siècles déjà, le
territoire de la commune de Quins était traversé par l’itinéraire
qui menait de la capitale des Ruthènes, Segodonum, alias Rodez,
à la capitale des Volques, au bord de la Garonne. Mais de Rodez
à Toulouse, le cheminement va évoluer au cours du temps.
Jusqu’au XVII° siècle, on passait par Le Lac, Les Tavernes,
Les Quatre-Chemins, Crespin et le Pont de Cirou. Au XVIII° siècle,
le transit par Albi se développe, puis s’épanouit
pour donner la route N. 88.
La plus ancienne mention de La Mothe dans les textes
du Moyen Age est précisément relative à l’itinéraire
vers le Pont de Cirou en 1217. Des documents un peu tardifs font allusion
à une auberge seigneuriale, à un péage sur les
marchandises ( qui va rester actif jusqu’à la Révolution
de 1789), à un domaine noble ; ce complexe constituait une source
de revenus notable au bénéfice des seigneurs du lieu.
De plus, il y avait à La Mothe des foires au XVII° siècle
et peut-être bien avant ; elles ne s’éteindront qu’au
XX° siècle.
L’auberge de La Mothe serait une des deux plus
anciennes dont il reste trace en Rouergue. Les bâtiments, jadis
organisés autour d’une cour fermée, ont été
bouleversés au XIX° siècle, et l’existence d’une
tourelle, au bord de l’actuelle nationale, est sans doute la seule
marque qui subsiste de la présence seigneuriale sur ce site.
En face, de l’autre côté de la route, on remarque
une belle grange, probablement élevée vers la fin du XVIII°
siècle, mais qui ne faisait pas partie des possessions des seigneurs
du lieu (qui furent les Vernhes de Castelmary du XIII° siècle
au XV° siècle, puis les Saunhac de Belcastel jusque vers
la fin du XVI°, les marquis de Bournazel, enfin, jusqu’à
la Révolution).
Jean Maurel.
Le château
de Cadars :
Le terroir de Cadars, adossé
à la rivière Lézert, formait au Moyen Age la partie
ouest de la baronnie de Verdun. Au XIII° siècle, les Vernhes
de Castelmary, seigneurs de Verdun, avaient déjà engagé
les revenus de ce fief à divers marchands financiers ruthénois
en contrepartie de prêts d’argent. Puis, vers 1570, lorsque
Clément de Saunhac de Belcastel, pour lors seigneur de Verdun,
s’éteint sans descendance, la baronnie de Verdun est démembrée.
Si l’aile est (La Mothe- Salan) revient aux Bournazel, le secteur
de Cadars est aux Caulet, marchands ruthénois, puis notables
toulousains. Cadars devient alors une seigneurie à part entière.
Après les Caulet, cette seigneurie passe au XVII°siècle
aux mains des Pomayrols, une lignée villefranchoise dont certains
membres étaient par ailleurs seigneurs de Gramond et de Jalenques,
à la même époque. Au siècle suivant, la terre
et le château sont acquis par la famille des actuels propriétaires.
Un point fort, désigné sous le nom de
“reperium”, est indiqué à Cadars au XIII°
siècle. Une tour médiévale, ainsi que la chapelle
du château ont certes disparu, mais une belle demeure (propriété
privée ; on ne visite pas) a probablement été bâtie
vers la fin du XVI° siècle, par les Caulet. Le village conserve
aussi quelques maisons anciennes, plus ou moins transformées.
Jean Maurel.
A noter, dans le village de Cadars,
situé sur le tracé de la Méridienne verte, une
pierre agrémentée d’un médaillon érigée
à l’occasion du 14 juillet 2000.
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