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Les curiosités en Naucellois

Le château de Taurines

Situé au cœur d’un vaste plateau agricole, le village de Taurines a sans doute des origines gallo-romaines, si l’on en croit les découvertes archéologiques récentes. Mais c’est surtout l’époque médiévale qui est présente ici à travers un château sauvé de la démolition et restauré par une association de bénévoles qui reçut à ce titre des récompenses nationales.
Érigé au XIIIe siècle, puis remanié au XVe et XVIe siècles pour devenir une résidence Renaissance, cet édifice, longtemps à l’abandon, revit depuis son rachat par la municipalité en 1981.

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L’ARCHITECTURE

Le site de Taurines ne prédisposait pas à accueillir un château fort tant l’endroit était accessible et dépourvu de défenses naturelles. Et pourtant, à l’origine, le château avait une vocation défensive : tours cylindriques à chacun des angles, enceinte, fossés (les derniers furent comblés au milieu du XXe siècle), pont-levis, mâchicoulis, créneaux et meurtrières protégeaient ce bâtiment qui servait d’habitation et de refuge. L’apparition des armes à feux rendit ce genre de construction obsolète et la Renaissance les transforma en résidences où l’esthétique devait témoigner de la prospérité des propriétaires. Le travail artistique de cette époque est bien visible à Taurines : encadrement des portes et fenêtres, manteaux de cheminées, et bien sûr l’escalier à vis.
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Une fois la paix revenue, la cour du château s’ouvrit vers le village par un majestueux portail que l’on retrouve aujourd’hui à l’entrée du cimetière. Au XXe siècle, le château est à l’abandon et sert de bâtiment agricole.

LES TRAVAUX ET LA RESTAURATION

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En 1981, fut créée l’Association pour l’animation du château de Taurines. Les bénévoles du village ont alors œuvré à sortir ce site de l’oubli. Grâce au soutien de l’architecte des bâtiments de France et aux compagnons du devoir, le chantier put débuter : restauration de la charpente et de la toiture, mise en place de fenêtres à meneaux, réfection du plafond à la française, restauration de l’escalier en torsade, de la cheminée sculptée, montage de la voûte à clé suspendue...
L’association organisa au château de nombreuses animations culturelles afin de financer en partie les travaux : concerts, banquets, spectacles... Elle fut également à l’initiative des premières expositions d’art contemporain mises en place, actuellement, avec le musée des Abattoirs de Toulouse.

LA LÉGENDE DU TAUREAU

Plusieurs légendes sont rattachées au site de Taurines.
L’historien Hyppolyte de Barrau rapportait avoir trouvé lors de la démolition de l’église ancienne une pierre représentant un taureau. Il y voyait une idole païenne. Jean Delmas pense que, plus vraisemblablement, il s’agissait d’un corbeau ou d’un modillon roman. Selon cette légende locale, l’église primitive de Taurines aurait été fondée à la suite de la découverte d’un tombeau renfermant des ossements. Son emplacement aurait été signalé par le comportement anormal d’un taureau (d’où le nom de Taurines) qui grattait le sol à cet endroit. Les os furent considérés par la population comme les restes d’un corps saint, ce que n’a jamais entériné l’Église.

LES GRANDES DATES DU CHÂTEAU

- XIIIe siècle : édification du château de Taurines.
- Fin du XVe siècle : Les Guitard deviennent seigneurs de Taurines.
- Juin 1574 : le château, fief protestant, est assiégé et pris par les catholiques qui ouvrent avec un canon une brèche dans les remparts.
- 1612 : la seigneurie de Taurines, faute de descendance, revient aux Tubières-Grimoard (famille de marchands).
- 1616 : restauration par Jean de Tubières (mâchicoulis et parapet).
- De la fin du XVIIe à la Révolution : affermage du château et de la seigneurie de Taurines.
- 1718 : nouvelle restauration du château par Anne-Claude-Philippe de Tubières-Grimoard. La famille ne résidait plus à Taurines.
- 1765 : le château est légué à Achille-Robert, marquis de Lignerac.
- 22 juillet 1770 : ce dernier vend le château et la seigneurie à Joseph-François-Régis de Séguret, président du Présidial de Rodez.
- 1830  : la moitié du monument est démolie, les pierres sont utilisées pour la construction de l’église de Taurines.
- De 1852 à 1981 : le château a appartenu à plusieurs familles, dont une artiste lyrique américaine, entre les deux guerres.
- En 1981, une association de sauvegarde est créée et la commune fait l’acquisition du château.
- En 1982 : les bénévoles de l’association entreprennent les travaux.

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LE VILLAGE

Inscription latine

Vers 1984, fut découvert dans le socle d’une croix de chemin un bloc de grès portant une inscription latine. Cette pierre est aujourd’hui visible dans le mur de l’escalier extérieur du château. Cette inscription se rapporte sans doute à un monument funéraire : « A Monocorius fils de Belicicrus, A Seconda sa femme, fille de Senon, Namari(n)us son frère (fit faire ce monument). »

L’église actuelle

L’église actuelle, dédiée à saint Étienne, fut érigée à l’emplacement de l’ancienne, détruite vers 1826. Faute de moyen, l’église ne fut terminée que vers 1885 par l’érection du clocher. Cet ensemble très modeste abrite un magnifique retable en bois réalisé au XXe siècle par un menuisier du pays dans le style XVIIe. Les fonts baptismaux méritent aussi le coup d’œil.

L’autel Gallo-romain

Situé à l’embranchement des routes de Veynac et du cimetière, un autel fut découvert par Jean Delmas dans le socle d’une croix de fer relativement récente. Entre le soubassement et l’entablement, il remarqua un parallélépipède de grès mouluré en haut et à la base. Il a été identifié et rajouté à la liste des « stèles et autels gallo-romains de l’Aveyron ».

Le portail du château

L’ancien portail du château occupe aujourd’hui l’entrée du cimetière : monument de 5 mètres par 3, décoré d’un cimier avec plumet et panache, profils antiques et pots-à-feu. Nous sommes là en pleine période Renaissance à l’époque des Guitard de Taurines.

Ouverture et visite du château de Taurines

- Du 01 janvier 2014 au 31 mai 2014 - Ouvert sur rendez-vous auprès de la mairie de Centrès au 05.65.69.23.01
- Du 01 juin 2014 au 30 juin 2014 - Ouvert le dimanche de 15h à 18h
- Du 01 juillet 2014 au 31 août 2014 - Ouvert tous les jours 15h à 19h
- Du 01 septembre 2014 au 30 septembre 2014 - Ouvert le dimanche de 15h à 18h
- Du 01 octobre 2014 au 31 décembre 2014 - Ouvert sur rendez-vous auprès de la mairie de Centrès au 05.65.69.23.01