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Cabanès

Histoire

Cabanès, territoire de diversité et d’harmonie !

Les vallées du Lézert et de ses courts affluents ont porté jadis la vigne. Aujourd’hui, rubans de vert et de nature préservée, elles offrent au regard des vues superbes et au promeneur et cavalier des chemins secrets, à la découverte du calme, des vieux hameaux et des vestiges hérités d’un passé attachant.
Les plateaux, terroirs fertiles, s’étirent en champs et en prairies, où se lit le soin d’un travail de qualité, tandis que les troupeaux qu’on aperçoit attestent que l’agriculture est restée familiale et liée à la nature qui lui sert de support.

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Du Moyen Age elle garde des témoignages précieux. Disputée entre les seigneurs de Castelmary et la famille de Villelongue, Cabanès présentait un visage assez avenant à la fin de l’Ancien Régime. Ainsi, lorsque l’enquêteur des impôts et tailles, J-F. Henry de Richeprey, passe dans la paroisse, juste avant la Révolution, il recense 10 paires de bœufs, 40 vaches, 300 Brebis. Et il souligne également l’esprit d’initiative de quelques hameaux ou familles, en notant :
« Il y a dans cette communauté, un village qu’on appelle Le Batut où les habitants sont fort industrieux. Il y en a quelqu’un qui a fait une fortune considérable, les autres sont fort aisés... Ils s’en vont dans le printemps du côté de Montauban et dans le Quercy acheter des jeunes dindes et les vont débiter dans la partie méridionale de la province et dans le Languedoc. Ce commerce est pénible, mais il est lucratif. Pendant l’hiver, ils achètent des cochons gras dans le pays et vont les conduire dans le Languedoc. Le reste de la communauté est sans commerce. »

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Au XIXe siècle, la vie à Cabanès semble s’être lentement améliorée, en particulier grâce à l’arrivée de la pomme de terre, l’étendue des châtaigneraies, un certain progrès de l’élevage et des cultures. En tous cas, la population de la commune augmente fortement : 690 habitants en 1806, 827 en 1866, 920 en 1886. Aujourd’hui, pour les habitants de Cabanès et les visiteurs, les témoignages de l’Histoire sont identité et racines.

L’église Ste Marthe, située au cœur du village et remarquablement restaurée, outre son architecture de fondement roman, recèle quelques éléments de détail de grande valeur, tels le chevet avec sa corniche et ses corbeaux enrichis d’un riche bestiaire, ou les chapiteaux du transept.

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À l’église de Cabanès se rattache aussi la tradition du bras de sainte Marthe, remontant aux premiers temps de la Chrétienté. Cette relique, d’abord réputée pour la guérison des maladies et des accidents des membres et des os, se vit reconnaître plus tard les mêmes vertus bénéfiques en matière d’affections hépatiques. Marthe la « bonne hôtesse » des évangiles, devenant alors la sainte patronne des métiers de bouche et de l’hôtellerie.

Du haut Moyen Âge, au XXe siècle, le très pittoresque site de Villelongue réussit à sa manière un surprenant retour dans l’Histoire. Dans le village abandonné et sur le promontoire escarpé du château, s’établit en effet en 1944 le maquis Antoine. Il commença avec une soixantaine d’hommes, pour atteindre les 300 en juin ou juillet. D’autres hameaux, comme la Planque de Pradinas ou Albagnac, hébergèrent plus ou moins longtemps de petits groupes de maquisards. Les deux chefs principaux, Antoine et le commandant Delaure, engagèrent leurs deux compagnies dans plusieurs actions contre les Allemands : à Carmaux, à Rodez, sur le Lévézou, au Bois du Four.
Villelongue ne fut pas directement attaqué. Par contre un groupe ennemi tenta d’accrocher le poste d’Albagnac, qui en fait était replié à la Planque (4 et 5 août 1944). On peut aussi signaler que certains membres du maquis de Villelongue se joignirent à l’Armée De Lattre, avec laquelle ils terminèrent la guerre en Bavière et en Autriche.

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En juillet 1944, Villelongue avait été inspecté par le colonel Berger, en fait André Malraux, lequel on le sait fut intercepté à Gramat par les Allemands, son chauffeur étant tué.
En 1968, un petit groupe d’anciens du maquis et d’amoureux de Villelongue conçut l’idée de transformer la chapelle en un petit musée de la Résistance. L’amicale la Naucelloise de Paris s’impliqua fortement dans ce projet et remporta le Vœu Suze. Il s’agissait d’un prix de 100 000 francs attribué au meilleur plan de développement local proposé par les amicales du Massif central.
Les travaux de restauration commencèrent alors rapidement. Une association fut créée : les Compagnons de Villelongue (Paul Cousty, Paul Fraysse, Ernest Gombert, Antoine Pech, entre autres). André Malraux en accepta la Présidence d’honneur, en souvenir de son passage. Dès 1971, la restauration s’achevait et les premiers éléments du musée se trouvaient réunis. L’inauguration, le 5 août 1972, à l’occasion du rassemblement de la Fédération des Amicales aveyronnaises à Naucelle, fut une journée mémorable. Une messe fut célébrée dans une prairie, en présence de Mgr Marty, Archevêque de Paris, et de toutes les autorités politiques, civiles et religieuses de l’Aveyron.
Depuis lors, Villelongue n’a pas connu pareille cérémonie, même si en 1981, son dixième anniversaire, donna lieu à une manifestation du souvenir des anciens du maquis Antoine.
Ce musée de la Résistance est visité par nombre de passionnés d’histoire.

Visite possible de la Chapelle et du musée :
Retirer la clé chez M. Bernard Malgouyres à la Borie Basse
Téléphone : 05 65 47 03 49

Textes de Roger Béteille,
Romancier,
Docteur ès Lettres

Biographie de Roger Béteille :
- Né en 1938
- Enfance en Rouergue, dans le milieu rural
- Études à Montpellier et Toulouse, en Histoire et Géographie
- Agrégé de Géographie, Docteur ès Lettres
- Professeur aux lycées de Montauban et de Rodez
- Professeur à l’Université de Poitiers (chaire de Géographie humaine)
- Officier des Palmes Académiques

Publications liées à la carrière universitaire, dont :
- La France du vide (Prix Sully Olivier de Serres du Ministère de l’Agriculture)
- La crise rurale (PUF)

Ouvrages grand public :
- La vie quotidienne en Rouergue avant 1914, Hachette Prix Broquette-Gonin de l’Académie française
- Rouergue terre d’exode, Hachette, Prix J. Weiss de l’Académie F.
- La chemise fendue, E. du Rouergue.
- La Charente, rivière de France, Privat
- Histoire du chien, PUF
- L’Aveyron au XXe siècle, E. du Rouergue.
- Les semeurs d’avenir, E. du .Rouergue.

Romans :
- Les fiancés de la liberté, Hachette
- Sel rouge, E. du Rouergue.
- Fortune lointaine, Hachette-E. du Rouergue.
- L’orange aux girofles, E. du Rouergue. 2001 (prix Mémoire d’Oc, 2001)
- Le Parisien, E. du Rouergue. 2002.
- Les Chiens muets, E. du Rouergue, 2003.